.
Contenu.
Contenu.
Calendrier 2006
Janvier
.
Février
.
Mars
.
Avril
.
Mai
.
Juin
.
Mars
  Lu Ma Me Je Ve Sa Di  
 
.
.
1
.
2
.
3
.
4
.
5
.
 
  6
.
7
.
8
.
9
.
10
.
11
.
12
.
 
  13
.
14
.
15
.
16
.
17
.
18
.
19
.
 
  20
.
21
.
22
.
23
.
24
.
25
.
26
.
 
  27
.
28
.
29
.
30
.
31
.
.
.
 
 
.
.
.
.
.
.
.
 
 
.
.
.
.
.
.
.
 
Service
.
.
.
.
.
.
.

Discours et interviews

27.01.2006

Discours d'ouverture de la Vice-présidente de la Commission européenne Margot Wallström


 

M. Fischer, M. Schüssel, Messieurs les Premiers Ministres, Monsieur le Président du Parlement européen, Mesdames et Messieurs,

Quelle peut bien être la mélodie de l’Europe d’aujourd’hui ? Est-ce une douce musique harmonieusement interprétée par les musiciens ou bien une cacophonie d’instruments mal accordés ? Qu’en penserait Mozart s’il revenait parmi nous ? Il apprécierait certainement les déplacements à grande vitesse par-delà les frontières, lui le grand voyageur qui a passé un tiers de sa vie sur les routes – assurément, c’est là le meilleur moyen de rencontrer d’autres personnes et de chercher l’inspiration. Ainsi, Mozart applaudirait au programme Erasmus, qui a permis à plus de deux millions de jeunes Européens d’étudier à l’étranger. J’en appelle donc directement au Président du Conseil de l’Europe : ne privons pas les programmes qui s’adressent aux citoyens des fonds nécessaires permettant à de jeunes Européens d’étudier, d’apprendre et de vivre ainsi l’esprit européen.

 Mozart aussi voyageait pour trouver un emploi stable. C’était difficile, même à  cette époque. Il sympathiserait avec nombre de jeunes d’aujourd’hui, dans la même situation. Aujourd’hui, ils ont le droit de chercher un emploi n’importe où dans l’Union européenne et de faire reconnaître leurs diplômes. Mais il y  a deux obstacles : un  avenir meilleur pour les Européens dépend de notre capacité à briser le cercle vicieux des réformes bien conçues mais jamais appliquées. Des universités performantes, des instituts de recherche, des outils de formation tout au long de la vie, rien de mieux pour construire et orchestrer un solide avenir économique et social pour l’Union. La capacité et la détermination à réformer, à utiliser les meilleures pratiques, à apprendre des autres, voilà ce qui doit devenir intrinsèque à une Union européenne moderne.

L’Union européenne a développé une stratégie de croissance et d’emploi, permettant aux acteurs économiques de s’adapter aux défis de la globalisation tout en assurant la cohésion sociale et la solidarité. Mais qu’est-ce que cela représente aux yeux des Européens ? Quelle Europe les peuples qui la composent veulent-ils ? Voici quelques réponses de citoyens européens de cinq différents pays, interrogés et filmés dans la rue.

Ils estiment que l’Europe doit avoir davantage confiance en elle-même, qu’elle doit respecter sa diversité culturelle et développer un sens plus fort de l’identité, lutter contre la faim et la discrimination, dire non aux extrémismes, dire oui à la tolérance, lutter contre le chômage et le terrorisme, venir en aide à d’autres pays et dépasser les seuls intérêts économiques pour privilégier la paix et l’environnement. En somme, voici les valeurs européennes : prospérité, sécurité, solidarité, liberté, démocratie et respect des droits de l’Homme.

Lors de votre récente visite au Parlement européen de Strasbourg, vous nous avez exhorté, M. le Chancelier Schüssel, à promouvoir une manière de vivre européenne s’inspirant de ces valeurs. Merci pour votre message si opportun, auquel je voudrais ajouter ceci : nos valeurs ne sont pas exclusivement européennes, elles sont universelles. Et pourtant, aujourd’hui, les peuples d’Europe ont quelque peu perdu  confiance dans la démocratie et les hommes politiques ; le nombre d’adhésions aux partis politiques diminue, les gens votent de moins en moins et beaucoup estiment qu’ils ne sont pas entendus. Ceci se vérifie au niveau européen, mais aussi au niveau national et même régional. Et le rejet de la Constitution européenne par la France et les Pays-Bas a été un signal d’alarme pour nous, hommes politiques.

Ainsi, avant d’en revenir à des questions de Constitution, il nous faudra engager le débat sur des réalités concrètes, comme par exemple sur les moyens de créer davantage d’emplois, de moderniser l’Europe sociale ou de fixer les frontières de l’Union européenne.

L’Union européenne est un projet qui s’est développé très vite. Mais ce sont les citoyens qui doivent librement décider de son avenir. Ce ne sont pas que des mots, c’est une condition sine qua non si nous voulons susciter un engagement plus fort qu’il ne l’est aujourd’hui au sein de l’Union parmi les nations et les citoyens. Et retenons cette importante leçon que nous donnent ces deux référendums : pour gagner et conserver la confiance et pour être mieux compris, l’Union, ses décideurs et ses hommes politiques doivent être d’une honnêteté et d’une bonne foi irréprochables dans les questions européennes. La confiance ne se gagne pas en une nuit et le tapage publicitaire autour de l’Europe pour des résultats politiques à court terme laisse des traces dans l’image que l’opinion perçoit de l’Europe. Je ne dis pas qu’il est interdit de critiquer Bruxelles et de tout justifier, chaque histoire ayant deux aspects que les gens sont capables de comprendre pour y distinguer le vrai du faux.

Mesdames, Messieurs,

Après avoir créé le marché intérieur, l’Euro, un espace sans frontières où voyager, nous devons maintenant donner à l’idée d’Europe une consistance plus démocratique, proposer de réels débats et une citoyenneté active. C’est là que s’incarne l’idée d’une sphère publique européenne. Les citoyens ont besoin de forums et de lieux où se rencontrer, comme des écoles et des hôtels de ville, des lieux de rencontre virtuels tels que des sites internet et des programmes de télévision interactifs. Nous devons également créer des espaces de débats européens dans les médias ainsi que dans nos programmes scolaires. La semaine prochaine, l’Union européenne va publier un Livre blanc sur cet important sujet, dans lequel les institutions européennes, les gouvernements, la société civile et les médias se verront invités à travailler ensemble sur cette question et à mettre en place un plan d’action. La Commission encourage d’ailleurs les citoyens à établir des listes de suggestions par le biais d’organisations de la société civile.

Mesdames, Messieurs,

Nous devons défendre nos valeurs. L’Europe n’a pas toujours été libre, démocratique et tolérante. Il y a 61 ans à peine, les troupes alliées libéraient le camp de concentration et d’extermination nazi d’Auschwitz-Birkenau. Aujourd’hui, le jour de commémoration de l’Holocauste nous rappelle solennellement que les horreurs du racisme et les représailles qu’il entraîne se sont produites, et qu’elles peuvent se reproduire en Europe. Ne l’oublions jamais et tâchons de faire en sorte que de telles atrocités n’aient plus jamais lieu. Voilà le berceau de nos démocraties européennes. Pour finir sur ce point, permettez-moi de rappeler que la démocratie n’est pas un « sport de spectateur ». Il y faut une force de décision et une participation active. À la vérité, le succès de cette symphonie de l’intégration européenne est directement tributaire de la participation des peuples à l’écriture de son scénario.

 

 

Date: 06.02.2006