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L'Autriche et l'Allemagne veulent agir – et agiront – de concert en matière de prolongation des délais de transition de trois ans pour l'accès des travailleurs originaires des nouveaux États membres à leurs marchés nationaux de l'emploi, ont souligné aujourd'hui le ministre autrichien de l'Économie et du Travail, Martin Bartenstein, et le vice-chancelier allemand et ministre du Travail, Franz Müntefering, au sortir d'une réunion bilatérale à Berlin.
Face à la pression exercée en ce sens par les nouveaux États membres, et vu les évolutions de leur marché du travail respectif, il s'avère nécessaire et judicieux que l'Autriche et l'Allemagne adoptent une stratégie commune en la matière. Pour ce qui est du rapport de la Commission, M. Bartenstein a déclaré avoir profité de la réunion d'aujourd'hui à Berlin pour débattre en profondeur de ce sujet avec le ministre allemand du Travail. L'Allemagne et l'Autriche agiront en tout cas de concert et informeront la Commission en temps opportun, soit avant le 1er mai, de la mise en œuvre des délais de transition.
La réunion de travail a également été l'occasion de discuter en détail des priorités de la Présidence autrichienne. Ainsi, la directive sur l'aménagement du temps de travail comporte deux points délicats pour lesquels il importe de dégager un consensus. Concernant l'Opt Out et la détermination des durées maximales de travail par rapport au travailleur ou au contrat de travail, l'Autriche va s'employer à trouver un compromis acceptable pour tous.
Abordant le thème principal du conseil informel « Emploi et Affaires sociales » qui se tiendra à Villach – « Flexicurité – La flexibilité par la sécurité » -, M. Bartenstein a déclaré que ceux qui exigent des travailleurs une flexibilité maximale doivent également offrir un niveau de sécurité correspondant. Pour le vice-chancelier Müntefering, cette position est en accord avec son projet « Sécurité en marche », lequel vise à garantir la sécurité des travailleurs à une époque en rapide évolution. M. Bartenstein s'est dit prêt à intégrer les partenaires sociaux européens aux débats sur ce thème, de même qu'aux consultations sur la directive concernant l'aménagement du temps de travail et la directive sur les services.
Renforcer la confiance dans le projet européen
Après son entretien avec M. Müntefering, M. Bartenstein s'est rendu à la réception de Nouvel An chez Deutsche Telekom à Berlin. Prenant la parole en qualité d'invité, il a déclaré que « la tâche prioritaire de la Présidence autrichienne de l'UE est de renforcer la confiance des citoyens dans le projet européen ». L'Europe doit prouver qu'elle a les moyens de résoudre les problèmes qui importent aux Européens. Clairement exprimé par la devise « Europe 4 People – People 4 Europe », l'objectif est donc de rapprocher l'Europe de ses citoyens, a expliqué M. Bartenstein.
Objectifs de la Présidence
« La Présidence de l'UE est un service pour l'Europe et le monde », a poursuivi M. Bartenstein. Lors des plus de deux mille sessions et réunions prévues, il s'agira de promouvoir et d'assurer l'emploi et la croissance, de développer plus avant le modèle social spécifique à l’Europe, de garantir la sécurité commune en Europe et d’affirmer la position de l'UE en tant que « global player » et partenaire international fiable.
Développer l'emploi et soutenir la croissance sont, pour M. Bartenstein, deux priorités majeures de la politique européenne. Élaborée à cette fin et présentée dès le départ comme la réponse européenne aux défis de la mondialisation, la « Stratégie de Lisbonne » n'a toutefois pas réalisé ses objectifs ambitieux, essentiellement en raison de priorités contradictoires, d'une mauvaise coordination et – surtout – d'un manque de détermination dans l'action politique, a affirmé le ministre. Les faiblesses des systèmes sociaux européens n'ont cependant rien à voir avec la mondialisation.
Évolution des marchés de l'emploi sous le signe de la « Flexicurité »
Les exigences croissantes auxquelles sont soumises les entreprises en termes d'adaptation aux évolutions des marchés mondiaux s'accompagnent d'exigences également croissantes envers les travailleurs, a constaté M. Bartenstein. La réussite professionnelle dépendra de plus en plus de la disposition à l'apprentissage tout au long de la vie, à la flexibilité et à la mobilité. L'Europe a dès lors besoin d'un modèle de marché de l'emploi qui repose sur un équilibre entre flexibilité et sécurité. Loin d'être contradictoires, flexibilité et sécurité se renforcent en réalité mutuellement, a ajouté le ministre. En effet, des systèmes de sécurité sociale efficaces sont, pour les travailleurs, la base de la mobilité et de la faculté d'adaptation souhaitées par les entreprises, et la compétitivité internationale des entreprises européennes ainsi flexibles est à son tour la base du financement durable de ce système.
« Il s'agit de faire comprendre aux gens que l'accroissement de la compétitivité européenne n'est pas une menace – ni un mal nécessaire –, mais constitue un investissement dans un avenir radieux pour l'Europe, dans le bien-être et la sécurité pour eux-mêmes et les générations futures. Ce n'est pas là tâche aisée, mais si nous réussissons, nous n’aurons plus à nous soucier de l'euroscepticisme », a conclu M. Bartenstein.
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