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Le 22 février, à New York, les témoins de l'Accord d’Alger du 12 décembre 2000 se sont réunis afin de mettre un terme à la stagnation du processus de paix entre l’Éthiopie et l’Érythrée. Lors de la réunion, à laquelle assistait l’ambassadeur Georg Lennkh en tant que représentant de la Présidence de l’UE, dans le cadre de la troïka européenne, ils ont fait la déclaration suivante :
Déclaration des témoins de l’Accord d’Alger
Les témoins de l’Accord d’Alger du 12 décembre 2000 (Algérie, Union africaine, Union européenne, États-Unis et Nations Unies, « les témoins ») se sont rencontrés aux Nations Unies le 22 février. Les témoins demeurent globalement garants de l’application de l'accord du 12 décembre ainsi que de l’accord d’Alger du 18 juin 2000 sur la cessation des hostilités (« l'Accord »). Ils se réjouissent de l’initiative des États-Unis, lancée en collaboration avec les autres témoins et avec leur soutien total. Les témoins encouragent cette initiative qui vise à mettre fin à la stagnation du processus de paix actuel entre l’Éthiopie et l’Érythrée afin de renforcer la stabilité et les bonnes relations entre les parties et de poser les bases pour que la paix s’installe durablement dans cette région.
Les témoins reconnaissent le rôle proéminent de l’Union africaine et son importance pour le rétablissement de la confiance entre les parties afin d’encourager chaque initiative dans le processus de démarcation.
Les témoins insistent sur le fait que les parties doivent appliquer l'Accord d’Alger du 12 décembre 2000, dans son intégralité et sans restriction. Les témoins considèrent qu’il est indispensable que les parties observent les engagements de cet accord ainsi que l’accord sur la cessation des hostilités.
Conformément à l’article 1er de l’accord du 12 décembre 2000, les parties doivent cesser de proférer des menaces et d’employer la violence l’une contre l’autre.
Les témoins rappellent que, selon l’article 4.15 de l’Accord d’Alger du 12 décembre 2000, l’Éthiopie comme l’Érythrée se sont engagées à reconnaître les clauses de délimitation et de démarcation de la commission frontalière Éthiopie-Érythrée (EEBC) comme fermes et définitives.
Les témoins souhaitent que les deux gouvernements tiennent leurs engagements et qu’ils coopèrent avec l’EEBC afin d’appliquer sa décision sans plus tarder. Les témoins demandent à la commission d’organiser une rencontre avec les parties et l’invitent à envisager de s’entretenir sur les aspects techniques avec l’appui d’un médiateur neutre afin de faire avancer le processus de démarcation.
Les témoins demandent instamment aux parties d’assister à la réunion de l’EEBC, de coopérer avec la commission et de satisfaire aux exigences fixées par la commission afin que le processus de démarcation puisse aboutir.
Les témoins approuvent le rôle de la mission des Nations Unies en Éthiopie et en Érythrée (MINUEE). Les témoins demandent aux parties d’autoriser la MINUEE à remplir ses devoirs sans restriction et invitent les parties à garantir la liberté de mouvement du personnel de la MINUEE dans l’exercice de ses responsabilités, y compris celles qui lui ont été transférées, selon les résolutions 1430 (2002) et 1466 (2003) prises par le Conseil de Sécurité, et de soutenir l’EEBC afin que la décision relative à la délimitation des territoires soit appliquée rapidement et dans les règles. En particulier, les témoins constatent que la démarcation de la frontière ne peut pas avancer tant que la MINUEE ne dispose pas de toute sa liberté de mouvement dans l’ensemble de la zone d’engagement.
Les témoins sont d’avis que l’initiative des États-Unis décidée ce jour va contribuer à régler les litiges entre les parties et encouragent les États-Unis à poursuivre cette initiative avec les parties.
Les témoins appellent également la communauté internationale à les soutenir, y compris par la poursuite du soutien à la MINUEE et des contributions versées au Trust Fund dans le but de favoriser la démarcation de la frontière, établie conformément à la résolution du Conseil de Sécurité 1177 (1998), citée dans l’article 4.17 de l’Accord d’Alger du 12 décembre 2000.